Une journée « type » de travail avec Gwen

6.10 am : bip bip bip bip…… Chut !
6.20 am : bip bip bip bip bip bip…… Non, encore 5 minutes !
6.30 am : bip bip bip bip bip bip bippppp…… Noooon, encore 2 minutes…
6.40 am : bip bip bip bip bip bip bip bip bipppppppp…… Oh merde je suis encore à la bourre !!

Levée sur les chapeaux de roues, je me fait griller une tartine et chauffer un café, pendant se temps là je m’habille, me brosse les dents, et j’emporte mon café et ma tartine que je mangerai sur la route…

«Ah mince, j’ai rien à manger pour ce midi !» Je me fait un sandwich en vitesse : une tranche de fromage, une tranche de jambon, entre deux tranches de pain de mie, et c’est parti, en voiture !

6.47 am : je fais un «stop» au coin de la rue pour prendre mon collègue Ruyji, un japonnais.

Lui aussi est en retard… «Shit !!» (expression pour dire «merde», en anglais). J’attend, une minute, deux minutes… je l’appelle… «What you do ? Come on !»

6.50 am : on décolle pour le boulot, chacun une tartine à la main.

C’est vrai qu’ensemble on fait la fine équipe… lol !

7.00 am : on arrive… «Good morning Dean ! How are you ?» «I’m fine, and you ?»

On échange quelques mots avec le boss, Dean, qui est toujours de bonne humeur.

7.05 am : on installe tous les boxs en plastique à l’arrière du 4WD (4×4), Gwen prend le volant, et c’est direction le champ de zucchini (courgettes) qu’on piquera toute la matinée.

C’est alors une série de «debout-plier-debout-pousser» qui se met en route.

Explications… Ruyji et moi nous partageons un «row» (une allée), lui prend à gauche et moi à droite, ensemble nous exécutons chaque matins les mêmes gestes, on avance, on se plie en deux, on coupe le zucchini, on se reléve, on le met dans le charriot puis on pousse le chariot et on avance… Ainsi de suite jusqu’à faire une vingtaine de boxs.

11.00 am : lunch time ! Ruyji et moi sortons chacun nos sandwichs préparés à la vitesse de l’éclair le matin même. Nous ne discutons pas vraiment puisque la pause c’est sacrée ! On la savoure à l’ombre, au calme et on se relaxe pendant 30 minutes. Nous nous sommes déjà racontés nos vies ce matin dans le champs et nous reste encore toute l’après midi s’il le faut pour papoter. Mais pas pendant le lunch… Ruyji se roule une cigarette et c’est reparti !

11.30 am : on charge sur le quad d’autres boxs en plastique, Ruyji prend le volant, je monte à l’arrière et nous allons «picker» des capsicums (poivrons).

Le picking de capsicum s’est aussi dur que le picking de zucchini et en plus nous n’avons pas le droit au charriot puisque les allées sont trop étroites pour ça. Alors nous devons porter chaque boxs jusqu’au quad. Ce qu’on nous aimons bien Ruyji et moi dans le picking de capsicum, c’est le son de la pince-coupante lorsque la pince coupe la tige du capsicum. Un petit détail qui fait toute la différence lol.

14.00 am : retour au «shade» (hangar) on dépose les capsicums et on repart en quad jusqu’au nouveau champ de pumpkins qu’il faut planter.

Alors là c’est parti pour la gym ! C’est une série de flexion-extension qui se mettera en route pendant 2 heures ! De quoi se réveiller le lendemain avec des douleurs partout et marcher tel un cow-boy toute la journée !

16.00 am : Beer time ! Le meilleur moment de la journée… Ruyji et moi rentrons au shade et Dean nous attend déjà avec les bières à la main. Les bières bien fraîches ! Le top du top !! Ruyji se roule alors une cigarette, il m’en roule une également, et avec Dean nous parlons de la journée, de ce que chacun fera en rentrant (qui se résume souvent à «just relax») puis nous parlons de la pluie et du beau temps, de la journée de demain…

Si les discussions s’éternisent nous reprenons une bière, sinon Ruyji et moi notons nos heures sur le planning et repartons ensemble, chacun chez soi. Encore une journée de plus de passer.

Durant le trajet nous parlons l’un après l’autre de nos futurs projets, de notre voyage… Une chose est sûre c’est que, dès nos jours pour le visa validés, nous repartirons chacun de Carnarvon pour continuer le voyage. Ruyji se rendra sûrement en Thaïlande alors que nous, nous continuerons en Australie 😉

Carnarvon – belles recontres & dur labeur

Notre arrivée à Carnarvon marquera un passage de notre voyage rempli de souvenirs !

Cette petite ville côtière du Western Australia, de 6000 habitants, est située à 900 km au nord de Perth. Elle n’est pas l’idéale pour visiter des monuments incontournables ou profiter des plages… Rien de tout cela ici, cette ville est plutôt réputée pour ses plantations de fruits et légumes. L’endroit est également idéal pour la pêche.

Nous étions donc venu ici pour travailler, mais nous avons trouvé en plus de cela, un accueil chaleureux, beaucoup de convivialité et des gens merveilleux !

Dès notre arrivé à Carnarvon nous avons rencontré au camping un petit groupe de Français très sympathique (une pensée toute particulière à Edouard et Aurélie). Et, nous ne le savions pas encore, mais deux d’entre eux seront nos compagnons de vie durant 3 mois…

En effet, après quelques nuit dans un «caravan park» (camping), nous avons rencontrés Caitlin qui nous a gentillement proposé de nous louer une chambre dans sa maison pour 130 dollars la semaine, autrement dit ici c’est cadeau. Caitlin venait d’emménager et était à la recherche de «room made» (colocataires) pour faire de sa maison une «share house» (maison à partager). Nous en avons donc parler à deux Français, frère et soeur, du groupe. Et c’est ainsi que nous avons commencé à vivre à la façon de l’auberge espagnole avec Caitlin, Charles et Pernelle.

Entre temps nous nous étions mis à la recherche de travail. Nous avons visité de nombreuses fermes et parfois même commencé le boulot pour quelques jours (cueillette d’haricots, de concombres ou de pamplemousses) mais sans grand succés… Puis au bout d’une bonne semaine de recherches nous avons trouvé nos jobs respectifs que nous garderons environs 4 mois !

Entouré d’une équipe venue de tout horizons, Français, Australiens, Coréens et Taïwanais, Alex a revêtu sa blouse (en réalité un t-shirt jaune fluo) à la manière de l’émission «C’est du propre !». Et oui il a trouvé du travail dans une société de «cleaning» (nettoyage), et c’est muni de son super aspirateur portatif, qu’il a parcouru les toilettes publics, écoles, bureaux et anciennes maisons d’aborigènes à la recherche de la poussière et des cafards ! On peut tout de même avouer qu’il avait trouvé «la planque» puisque qu’il bénéficié d’horaires sympathiques avec deux «days off» (jours de congés) par semaine et un salaire pouvant aller de 21 à 37 dollars de l’heure selon le nombre d’heures effectuées par semaine. Cependant ces heures de travail était très tôt le matin, il commençait à 6.30 am, et pouvait terminer tard jusque 6.00 pm. Alex était surnommé «le roi des vitres» puisqu’il était le meilleur dans cette catégorie. En plus de cela il nettoyait parfois des maisons vraiment incrustées de saleté… Un travail pas évident qu’il a su relever avec brio ! Seul point noir, ce job n’était pas valable pour valider ses jours pour le second visa.

Tout de même de quoi rendre jalouse Gwen qui quant à elle a trouvé un job dans une petite ferme familiale très sympa, mais sans aucun «days off»… Et oui de 7.00 am à 4.00 pm Gwen allait faire du «picking» (cueillette) de fruits et légumes en tout genres : «zucchinis» (courgettes) «squashs» (pâtissons) «chilis» (piments) «pumpkins» (citrouilles) «capsicums» (poivrons). Et cela 7 jours sur 7 pour un taux horaire de 20,50 dollars. En 4 mois de travail elle a eu seulement 3 «days off» !

Heureusement ce dur labeur nous a permis d’économiser pas mal d’argent, environ 10 000 dollars, pour ensuite reprendre la route et continuer notre voyage. Et pour Gwen cela lui a permis d’avoir déjà tous ces jours de ferme pour le second visa !

Quand à l’ambiance de la maison, on peut dire qu’elle était au rendez-vous ! La semaine était relativement calme étant donné que tout le monde travaillait. Nous rentrions tous à des heures différentes mais nous nous retrouvions tous vers 6.00 pm sur la terrasse pour se relaxer autour d’une bière, puis une soupe et dodo. Mais à l’approche du week-end les canettes de bières (ou de cidre) se faisaient entendre de loin… Il y avait toujours d’autres amis voyageurs qui nous rejoignaient et nous passions ensemble de bonnes soirées. Soirée sushis, soirée pizza ou soirée tout simplement lol ! Merci à vous tous Caitlin, Charles, Pernelle, Vangelis, Clément, Juliette, Pitter, Tasha, Die, Jack, Anna, Rosenne, Féderico…

Zoom sur… Perth – Carnarvon

Sur la route qui nous a menée de Perth à Carnarvon (1000 kilomètres de trajet) nous avons visité beaucoup de parcs, nationaux ou non, et de magnifiques baies. Nous revenons plus en détails sur chaque endroits à ne pas louper !

Kings Park

Ce parc fut notre premier parc que nous avons visité. Situé à 1,6 kilomètre du Central Buisness District (CBD) de Perth, c’est le parc touristique le plus populaire de la ville. Celui-ci la surplombe et offre, un panorama sur la ville, un jardin botanique, des sentiers de promenade…

Nous n’avons pas manquer le baobab vieux de 750 ans, un arbre aux formes étranges et à la taille colossale.

Ce parc a été créé pour mettre en valeur la flore de l’Australie occidentale. Il est le foyer de plus de 300 variétés de plantes indigènes et 80 espèces d’oiseaux. Le parc est contrasté avec un mélange de gazon «bien tondu», et de «bush» naturel.

Nous étions évidemment au rendez-vous, le lendemain de l’ANZAC Day, au «State War Memorial» pour admirer la flamme éternelle et le monument érigé à la mémoire des victimes des conflits militaires qui jalonnent l’histoire de l’Australie.

Petite anecdote, nous nous souviendrons pour longtemps de ce parc puisque Gwen y a perdu le sac de notre appareil photo… Ce qui nous a valu une bonne prise de tête, mais heureusement la gentillesse Australienne a fait que nous avons retrouvé notre sac dans la remorque du jardinier du parc !

John Forrest

A 25 km de la CDB de Perth se trouve le John Forrest Parc, qui fut le premier parc national en Australie occidentale. A l’opposé du King Park, c’est une rencontre avec le véritable «bush». Celui-ci est situé dans la forêt de Jarrah encore largement à l’état naturel !

Le nom de ce parc commémore «Sir John Forrest», qui fut le premier Premier Ministre de l’Australie occidentale.

Alors que les kangourous sont encore présent, d’importantes populations de petits marsupiaux ont été décimés par les renards , les chats et chiens sauvages. Nous avons pu profiter de notre barbecue accompagné de kangourous qui se sont mis à table avec nous !

Nambung Park

Situé à 200 km au nord de Perth, le Nambung National Park fut notre première escale après Perth. Ce parc offre une piste praticable à pied et en voiture qui serpente les piliers anciens de calcaire, «les Pinnacles».

Ils sont éparpillés par milliers à travers le désert et créent un paysage étrange, d’une autre planète. Certains mesurent jusqu’à 3,50 mètres de haut, et certains se terminent avec une pointe irrégulière, alors que d’autres ont des dômes arrondis ressemblant à des pierres tombales. Un paysage surprenant !

Ici les pierres n’ont pas été érigées par l’Homme. La forme actuelle des ces pics rocheux est le fruit d’une érosion millénaire. Les géologues considèrent que ces formations ont environs 30 000 ans. Dans quelques siècles, elles n’existeront plus, réduites en sable par les vents marins…

Kalbarri

Puis nous avons continué à longer l’océan indien, est sommes arrivés à Kalbarri. Ce national park est situé à 485 kilomètres au nord de Perth. Ce paysage façonné par le temps nous a émerveillé avec ses falaises spectaculaires.

Marcher, grimper, marcher et grimper encore, c’est que nous avons fait toute l’après midi ! Le parc recouvre 1 000 km2 de «bush». On peut faire de longues randonnées ou emprunter des chemins pour aller au fond des gorges. Pour notre part nous avions décidé de faire un trek de 8 km, de niveau 4 sur 6. Nous nous attendions à une ballade de santé, mais ce n’est pas tout à fait ce qui s’est passé… Nous sommes partis sans nous soucier de l’heure qu’il était. En réalité il était 15h et ici c’est comme la fin de l’après midi puisque la nuit tombe à 18h. Nous nous sommes donc engagé dans ce terk comme des débutants : sans portable et avec seulement 50cl d’eau…

Les deux premiers kilomètres nous avons pris notre temps. Nous avons admiré le paysage, rencontré plein de kangourous, et pris des tas de photos. Puis on regarde la montre «oupsss, on est peut-être un peu en retard…» Alors nous avons accéléré le pas, mais nous avons loupé une balise et nous nous sommes perdus !

Nous avons cru à un moment faire un «Alex et Gwen VS wild» lol. Mais heureusement nous sommes resté calme (enfin surtout Alex lol), nous avons rebroussé chemin et avons retrouvé vers quel sens nous diriger. Mais il était déjà tard alors nous nous sommes surpassés pour grimper les collines qui étaient interminables… Nous sommes arrivés juste avant la tombé de la nuit à notre van, et avons descendu des litres d’eau. Nous avions survécu à ce terk infernal !! Un conseil pour les futurs voyageurs qui feront cette randonnée, ne partait pas sans eau !!

Shark Bay

En continuant notre route vers Carnarvon, nous nous sommes arrêtés à Shark Bay. Situé à 850 km au nord de Perth, c’est l’une des plus grandes réserves marines du monde.

Classé au patrimoine mondial, le parc national de Shark Bay est surtout célèbre pour Monkey Mia et ses dauphins en liberté qui viennent sur le rivage pour se faire nourrir. Cette rencontre avec les dauphins est devenue une attraction touristique.

Nous nous souviendrons surtout des gigantesques pélicans venus assister à la séance, ils ont même attaqué Gwen, un peu trop curieuse de s’approcher d’eux, et l’ont fait tomber par terre ! Fou rire garanti 😉

Shark Bay accueille également les remarquables stromatolithes de Hamelin Pool. Ces stromatolites sont des colonies d’algues qui forment des monticules durs, en forme de dômes, qui seraient les plus anciennes formes de vie sur terre. Ils sont comparables à des fossiles vivants.

Puis nous avons visité la grande plage de Shell Beach, qui est une plage plutôt insolite puisque qu’elle est formée à partir de milliards de coquillages minuscules au lieu de sable.

Lors de notre passage à Shark Bay nous avons fait de belles rencontres et avons passé du bon temps avec un petit groupe de Français. Nous avons apprécié une soirée au clair de lune accompagnée d’un petit air de guitare avec Nina, Baptiste, Violette, Alex, Guillaume et Charlène !

Sur les routes… Dormir au bord des plages

Extrait de nos carnets de routes…

«Lorsque nous sommes sur les routes et que nous dormons au bord d’une plage, c’est une expérience presque indescriptible. Face à nous s’offre un océan d’une immensité grandiose, se mêlant au bleu du ciel sur la lointaine ligne d’horizon. Cela nous donne une sensation d’infini… Seules les vagues se dressant devant nous viennent rythmer ce paysage linéaire. Les vagues, et quelles vagues !… Comment les décrire ? Tant elles sont si fortes, si grandes, et si bruyantes. Un spectacle audio-visuel «entrée libre» qui vaut le détour ! L’artiste ?… Mère Nature.

Je ne sais pas si nous sommes le plus impressionné par la splendeur de leurs mouvements, tel un cheval qui se cambre face à un obstacle, ou par le bruit de tonnerre qui résonne lorsqu’elles viennent se fracasser contre les rochers.

Lorsque nous sommes arrivés en fin d’après-midi, l’océan s’est illustré de manière majestueuse et joyeuse. Une brise fraîche venant nous caresser le visage, donnait à cette ambiance un air de gaieté. C’était une sensation si vivifiante ! Les couleurs bleu ciel et turquoise peignaient les vagues joviales qui dansaient au grès du vent. Puis, au soir venu, nous aurions presque ressenti une certaine colère, l’océan était plus qu’agité et très sombre… C’est alors le gris et le bleu marine qui ont pris place dans le paysage, contrastant avec le coucher du soleil. C’était beau et étrange à la fois, cela nous donnait presque la chair de poule… Quant à ce matin, la sagesse est revenue laissant place à des couleurs pastelles allant d’un dégradé de mauve au vert menthe à l’eau ! Une certaine fougue est toujours présente, mais accompagné de tendresse, ce qui donne à l’endroit tout son charme. Une merveilleuse journée s’annonce encore…»