Entretien avec Marion – Témoignage – MICI et Voyage

Bonjour Marion,

Tu as 26 ans, tu es atteint d’une MICI, plus précisément d’une RCH (Recto-Colite Hémorragique), diagnostiqué depuis 2008 Tu es partie depuis 6 mois maintenant en Australie, dans le cadre d’un Working Holiday Visa.

Les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) regroupent la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, deux maladies qui se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif (trop de globules blanc).

Alex et Gwen OZ :  Peux tu nous expliquer en quelques mots ton voyage ? Qu’est ce qui t’a donné l’envie de partir ? Que compte tu faire durant ce voyage ? Comment voyages tu, en van ou en sacs à dos, etc … ?

Marion : J’avais l’idée en tête depuis deux ans environ… Après avoir passé ma première année professionnelle devant un ordinateur j’avais envie de voir ailleurs, de prendre le large. J’ai commencé à proposer un WHV à mon copain. Il a fallu un petit moment pour le motiver, mais au mois d’avril 2014 il a finalement dit OUI !! Let’s go in Australie l’an prochain à une condition… « je te pose un ultimatum : je veux que tu sois en rémission de ta rectocolite avant le départ !»

Nous sommes sur le sol australien depuis 6 mois maintenant. Nous avons acheté un van comme beaucoup d’autres backpackers et nous comptons faire le tour de l’Australie avec lui en s’arrêtant de temps à autre à la rencontre de familles australiennes à l’occasion de Wwoofing ou de Helpexchange. Quitte à être à l’autre bout du monde, nous prévoyons également d’aller skier en Nouvelle-Zélande cet hiver et de visiter des amis en Nouvelle-Calédonie.

A&G OZ : Il existe différente MICI. Peux tu nous parler un peu de ta MICI, en d’autres terme « qu’est ce qu’elle est », et qu’est ce que cela engendre dans ton quotidien ?

Marion : Je suis atteinte de Recto-Colite Hémorragique. C’est une autre forme d’inflammation de l’intestin qui diffère de la maladie de Crohn dans le sens où seul «la fin» de l’intestin (rectum et colon) est touchée.

Elle se manifeste au cours de poussée ou de crises qui dure plus ou moins longtemps selon l’efficacité de la prise en charge. Les symptômes sont des diarrhées, du sang dans les selles, des envies pressantes d’aller aux toilettes, des maux de ventre et de grosses fatigues… ben oui vous m’avez demandé donc je vous dis, mais c’est sûr, c’est pas très sexy !!

Donc parfois je n’ai aucun symptôme pendant des mois (voire des années mais cela ne m’est pas arrivé depuis longtemps), et parfois je suis en poussée pendant des mois… Donc toujours fatiguée, nécessité d’avoir des toilettes à proximité, régime sans résidus, etc. Ça handicape un peu…

A&G OZ : Peux tu nous expliquer la préparation de ton voyage ? Comment l’as tu appréhendé par rapport à ta MICI ? Quel type moyens as tu utilisé pour te couvrir en cas de « crise » ? Il existe la CFE et tellement d’assurance différentes, que peux tu nous dire à ce sujet ?

La CFE est la Caisse des Français de l’Étranger. Si vous êtes expatrié, vous pouvez choisir de continuer à bénéficier du régime de l’assurance maladie française en adhérant à la CFE. Elle permet à tout expatrié de s’assurer contre un ou plusieurs risques en fonction de sa situation familiale, des particularités locales et aussi de ses possibilités financières. La CFE propose différentes assurances.

Marion : Donc mon petit copain m’a posé cet ultimatum : être en rémission avant le départ, c’est à dire contrôler la maladie et de plus avoir de symptômes. Bien sûr il avait raison ! Cela faisait un an que je n’arrivais pas à contrôler les poussées et j’étais vraiment fatiguée. J’ai tout d’abord changé de gastroentérologue !! Et j’ai choisi de rencontré un médecin collaborant avec l’AFA sur Toulouse et spécialisé dans les MICI. Ça change tout ! Même si un gastroentérologue est un «spécialiste», il n’est pas spécialisé dans toutes les maladies ! Surtout pas les MICI pour lesquelles il manque encore beaucoup de connaissances.

Ce nouveau médecin m’a changé mon traitement (je prenais Pentasa + solution rectale de Pentasa) en me prescrivant des corticoïdes en solution rectale. Au bout d’un mois je n’avais plus de symptômes !

Pour l’assurance, je me suis longuement renseignée sur internet et j’ai essayé de contacter la CFE pour avoir des informations (c’est encore plus compliqué de communiquer avec eux que n’importe quelle Sécu Française, une seule personne pour les contrats WHV qui n’est jamais jamais disponible…).

Malheureusement, la seule solution pour moi d’être couverte en cas de poussée à l’étranger est de souscrire à la CFE, car les assurances privées ne couvre pas les maladies chroniques… La CFE, elle, couvre les consultations, les hospitalisations, et les médicaments liée à la maladie à hauteur des coûts en France.

A&G OZ : As tu emporté un traitement avec toi, dans ta valise ? Auras tu besoin de te fournir en médicaments sur place ? Si oui, comment cela va-t-il se passer ?

Marion : Cela n’a pas été une mince affaire… Effectivement, la CFE rembourse les médicaments sur place à hauteur des coûts Français mais en Australie mon traitement est deux fois plus cher qu’en France (100 euros par moi en France, plus de 200 en Australie pour les non résidents…).

Du coup je me suis fait prescrire six mois de traitement avant mon départ (heureusement ma belle-mère travaille en pharmacie) et les ai emporté dans une valise avec moi.

Nous qui prévoyions de voyager en sacs à dos, nous étions donc obligé d’emporter une valise pleine de médicaments. Une petite contrainte qui n’a pas été longue puisque une fois le van acheté, nous avons pu stocker tous les médicaments. Pour les six prochains mois, j’ai demandé à mon médecin une nouvelle ordonnance et ma belle-mère m’enverra les médicaments par colis.

A&G OZ : Durant ton voyage, comment gères tu ta MICI au quotidien ? Quelles sont les différence avec ton quotidien en France ?

Marion : L’an dernier j’avais réussi à contrôler la maladie mais en fin d’année le cocktail excès des fêtes de fin d’année + stress des préparatifs m’a rendu à nouveau malade un mois avant le départ… Donc le premier mois n’étais pas terrible même si les corticoïdes me soulageaient bien.

Mais très vite, le stress du départ a disparu et nous sommes enfin partis en road trip comme je l’avais tant rêvé depuis deux ans ! La belle vie, zéro stress et les corticoïdes = maladie enfin contrôlée !

Cela fait quatre mois maintenant que j’ai totalement arrêté les corticoïdes et je ne prends plus que mon traitement d’entretien. Tout va nickel ! Nous travaillons en ce moment dans le picking d’agrumes, toute la journée dans les champs, et je n’ai aucun stress d’être loin des toilettes ! Jamais je n’aurais pu faire cela l’an dernier !

La vie de backpacker en road trip est bien différente de la vie que je menais en France. Nous n’avons pas de toilettes dans notre « logement » mais je n’ai jamais vu autant de toilettes publiques qu’en Australie ! Il y en a dans tous les villages, plusieurs par ville et toujours très propres et bien indiquées. Quand je me suis aperçu de cela j’ai tout de suite arrêté de stresser de ne pas trouver de toilettes.

De même, les australiens sont les rois du camping et tout est prévu pour ceux qui voyagent en van ou en camping-car : de nombreux camps spots souvent gratuits et disposant de toilettes. No worries anymore for me ! Ma vie est bien moins stressante en Australie que lorsque je travaillais en France. Et comme le stress joue réellement sur ma maladie, je pense que ce voyage est vraiment bénéfique pour ma santé.

En ce qui concerne mon suivi médical, je reste en contact avec mon médecin par mail. Pour le moment tout va bien et j’espère bien ne pas devoir rencontrer, pour une mauvaise raison, un autre médecin ou les hôpitaux australiens… Je croise les doigts !

A&G OZ : Est ce que ce voyage t’as apporté quelque chose en plus ta vie ? Est ce que cela n’a pas était plus des contraintes que des plaisirs ?

Marion : Ce voyage est exactement ce que j’attendais depuis deux ans ! Donc je me sens libérée, délivrée (toute similitude avec «Disney» n’est que fortuite lol ^^) vraiment sereine et heureuse. C’est le pied d’être à l’autre bout du monde et faire sa vie comme on l’entend, changer ses plans au dernier moment.

Et ce voyage me permet de me centrer d’avantage sur moi-même, de faire attention à moi et donc à ma santé et de réfléchir à la vie que je souhaite mener en rentrant en France, chose que je n’arrivais pas à faire lorsque j’étais en France. Donc définitivement beaucoup plus de plaisir que de contraintes !!!

A&G OZ : Que dirais tu aux jeunes atteints de MICI qui hésitent encore à partir ?

Marion : Si ta mici est contrôlée et que ton traitement n’est pas si contraignant, alors fonce ! Toutes les infrastructures médicales existent en Australie. C’est un pays occidental, tu n’auras aucun souci à te faire soigner si tu as un problème. Je pense que nos maladies sont beaucoup liées au stress. Et ici aucun stress si tu es bien préparé, juste de l’excitation ! Et c’est génial…

A&G OZ : Et plus précisément quels conseils donnerais tu aux futurs voyageurs décidé à partir, atteints de MICI similaire à la tienne ?

Marion : Voici ce que je recommanderai :

1 – Prépare toi à l’avance avec ton médecin et la sécu/CFE afin d’obtenir ton traitement à temps avant ton départ.

2 – Reste en contact avec ton médecin par mail. Au moindre soucis ou doute, n’hésites pas à le questionner.

3 – Economise un maximum d’argent pour rendre ton voyage moins stressant (stress de trouver du boulot à temps, etc.) et pour payer la CFE (environ 800 euros) .

4 – Ne néglige pas la période avant-départ qui est très stressante. Essaie d’être le plus serein possible pour que ta MICI ne gâche pas le début de ton voyage.

5 – Partir avec des gens compréhensifs vis-à-vis de ta maladie, ne pas la cacher mêmes aux gens avec qui tu partages qu’un petit bout du voyage. Elle fait parti de ton quotidien, même en rémission.

6 – S’assurer que des proches en France puisse régler des soucis administratifs à votre place

7 – Rester flexible sur la tournure que prend ton voyage, ne rien s’imposer, pour ne rien avoir à s’interdire.

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Entretien avec Pierre – Témoignage – MICI et Voyage

Bonjour Pierre,

Tu as 25 ans, tu es atteint d’une MICI, plus précisément d’une RCH (Recto-Colite Hémorragique), diagnostiqué depuis mi-mars 2013. Tu es parti depuis janvier 2015, soit près de 7 mois maintenant, aux États-Unis d’Amérique, très exactement à Los Angeles ! Cela dans le cadre d’un échange universitaire.

Les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) regroupent la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, deux maladies qui se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif (trop de globules blanc).

Alex et Gwen OZ :  Peux tu nous expliquer en quelques mots ton voyage ? Qu’est ce qui t’a donné l’envie de partir ? Que compte tu faire durant ce voyage ? Comment voyages tu, en van ou en sacs à dos, etc … ?

Pierre : Dans le cadre de mon cursus, je suis dans l’obligation de passer quelques mois à l’étranger, et je voulais être meilleur en anglais. L’école où je suis a des partenariats avec plusieurs universités, et j’ai choisi une à Los Angeles car je n’étais jamais allé aux USA avant, et pour le beau temps. Je reste sur place en résidence universitaire, donc pas de sac à dos ou de voyage.

A&G OZ : Il existe différente MICI. Peux tu nous parler un peu de ta MICI, en d’autres terme « qu’est ce qu’elle est », et qu’est ce que cela engendre dans ton quotidien ?

Pierre : Actuellement, et ce depuis ma première injection de remicade fin décembre 2013, je n’ai strictement aucun symptôme et je me sens très bien.

En revanche j’ai eu une année 2013 extrêmement difficile, avec la maladie qui s’est déclaré le 31 décembre 2012 (très précisément), mais j’ai tardé à me faire diagnostiquer. Mi-mars 2013, à bout de force, et blanc comme un linge, j’ai passé des analyses et patatra ! Quasi plus d’hémoglobine ! Les urgentistes m’ont transfusé en hyper urgence en se demandant comment j’étais encore vivant…

Puis fibro/colo et le diagnostique tombe : RCH. Je suis soumis au Pentasa (aucun effet), cortisone (un léger mieux)… je manque beaucoup l’école, mais je pense passer mes examens de rattrapage fin juillet.

Et là re-patatra ! Hyper crise en plein milieu de « vacances » en Corse. Je prends l’avion tant bien que mal, j’arrive à paris détruit. Je vois alors mon gastro qui m’hospitalise le jour même (CRP à 175, fièvre démentielle, 30 selles/j alors que je ne mangeais plus rien)…

On passe à l’Immurel donc. Mais cela ne s’améliore pas, et je ne suis pas en mesure de reprendre les cours en septembre 2013, mais je pense le faire en janvier 2014 (oui c’est possible dans mon école). Mais en décembre, toujours aussi mal, je décide de voir le top en gastro à Saint Antoine et je me fait hospitaliser le jour même de ma visite.

Au cours de cette hospitalisation, on me passe donc au Remicade, et pouf ! Tout s’améliore très vite ! Je reste néanmoins sous Immurel et Pentasa, mais je décide de moi-même de les arrêter mi-mai 2014. En vu de la préparation de mon départ aux USA (janvier 2015) et sous conseil de mon gastro à St Antoine, je reprends Immurel et Pentasa en novembre 2014.

A&G OZ : Peux tu nous expliquer la préparation de ton voyage ? Comment l’as tu appréhendé par rapport à ta MICI ? Quel type moyens as tu utilisé pour te couvrir en cas de « crise » ?

Pierre : N’ayant aucun symptôme, j’ai préparé mon voyage comme une personne normale. J’ai simplement dû prévoir un stock de Pentasa et Immurel adéquat (que j’ai placé en bagage en soute).

Je n’ai pas de moyen pour me couvrir en cas de crise : c’est retour direct en France dans ce cas-là. Je n’ai trouvé aucune assurance pour les MICI (elles ne couvrent que les soins inopinés, pas ceux prévus en amont), j’ai juste pris l’assurance requise par l’université d’accueil à Los Angeles.

A&G OZ : As tu emporté un traitement avec toi, dans ta valise ? Auras tu besoin de te fournir en médicaments sur place ? Si oui, comment cela va-t-il se passer ?

Pierre : Stock d’Immurel et Pentasa en bagage en soute. Concernant les injections de Remicade, c’est là que le bât blesse : c’est tous les 2 mois. Je n’ai eu que de vagues infos concernant le coût aux USA, mon gastro à St Antoine me disant que revenir juste pour le Remicade était moins cher que la perfusion aux USA… Sachant qu’une perfusion en France coûte environ 4500 € à la SECU (je suis pris en charge à 100%), et que aux USA cela coûterait apparemment le double… Je suis donc revenu 4 jours mi-mars juste pour ça. Puis rebelote fin mai.

A&G OZ : Durant ton voyage, comment gères tu ta MICI au quotidien ? Quelles sont les différence avec ton quotidien en France ?

Pierre : N’ayant aucun symptôme je vis normalement, peut être parfois un peu beaucoup fatigué : dans ce cas je dors et je fais des siestes. Concernant l’alimentation, je mange énormément de fruits et de fibres, donc pas de problèmes de ce côté-là. J’essaye en revanche d’éviter au maximum le gluten et le lait, et on trouve suffisamment de quoi faire ici, et puis un sandwich au fromage ne va pas me tuer !

A&G OZ : Est ce que ce voyage t’as apporté quelque chose en plus dans ta vie ? Est ce que cela n’a pas était plus des contraintes que des plaisirs ?

Pierre : Oui ce voyage m’a énormément apporté, j’ai fait beaucoup de choses que je n’avais jamais faites, j’ai l’impression d’avoir énormément grandi en quelques  mois, je vis tellement d’expériences ! Je sens tellement plus en confiance en moi !

A&G OZ : Que dirais tu aux jeunes atteints de MICI qui hésitent encore à partir ?

Pierre : Partez si vous n’avez pas de symptômes, sinon, acheter des billets d’avion modifiables pour pouvoir rentrer si une crise se déclenche. Ou alors partir plus proche, mais toujours avoir la possibilité de revenir rapidement (ne pas se faire coincer par des billets trop chers et rester sur place à souffrir le martyre).

A&G OZ : Et plus précisément quels conseils donnerais tu aux futurs voyageurs décidé à partir, atteints de MICI similaire à la tienne ?

Pierre : Cf 7.

Entretien avec Timothy – Témoignage – MICI et Voyage


Bonjour Timothy,

Tu as 23 ans, tu es atteint d’une MICI, plus précisément d’un Crohn, diagnostiqué il y a près de 3 ans. Tu es parti depuis octobre 2014, soit 8 mois maintenant en Australie avec le Working Holiday Visa.

Les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) regroupent la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, deux maladies qui se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif (trop de globules blanc).

Alex et Gwen OZ :  Peux tu nous expliquer en quelques mots ton voyage ? Qu’est ce qui t’a donné l’envie de partir ? Que compte tu faire durant ce voyage ? Comment voyages tu, en van ou en sacs à dos, etc … ?

Timothy : L’idée est survenue lors de ma dernière année scolaire effectuée en apprentissage. J’ai toujours eu l’envie de voyager mais le diagnostic de la MICI a avancé mon projet… Histoire de profiter tant que je le peux encore (sans vouloir dramatiser la situation). Je suis il y a maintenant 8 mois avec ma valise et j’ai acheté une citadine avec des amis afin de pouvoir voyager et travailler en ferme.

A&G OZ : Il existe différente MICI. Peux tu nous parler un peu de ta MICI, en d’autres terme « qu’est ce qu’elle est », et qu’est ce que cela engendre dans ton quotidien ?

Tim : Chaque MICI agit différemment en fonction des individus. J’ai la chance que mon Crohn ne soit pas encore très développé. Depuis le diagnostic j’ai eu plusieurs crises assez invalidantes m’envoyant faire des séjours prolongés dans divers hopitaux. Les crises commencent la plupart du temps par des maux de gorge, ensuite des symptomes grippaux (fievre, nausees, sensations de chaud et froid, etc) avec gros spasmes au ventre et enfin survient la partie qu’on apprécie tous : j’ai nommé les selles glairo-sanglantes [roulements de tambours, applaudissements, foule en folie] 😉 Dans mon quotidien, Crohn engendre des maux de ventre, de la fatigue et des A/R assez fréquents aux toilettes.

A&G OZ : Peux tu nous expliquer la préparation de ton voyage ? Comment l’as tu appréhendé par rapport à ta MICI ? Quel type moyens as tu utilisé pour te couvrir en cas de « crise » ?

Tim : J’ai préparé mon voyage en 6 mois. De l’émergence de l’idée jusqu’à la concrétisation, j’ai rencontré plusieurs médecins afin de savoir s’il était risqué de partir et que faire en cas de crise.

La préparation s’est faite assez naturellement. Recherches d’informations sur le pays en question dans un premier temps. Ensuite s’est posé la question quant aux MICI. L’Australie dispose-t-elle de moyens médicaux équivalents a la France en termes de soins, de couverture santé, etc.? Une chance que ma banquière, grande voyageuse aussi atteinte d’un Crohn, fût là pour me porter quelques conseils de base (emporter de la cortisone, ne pas manger de fruits et légumes crus en cas de doute sur leurs états, boire de l’eau en bouteille bien scellée…).

Avant le départ j’appréhendais d’avoir une crise, de devoir me faire hospitaliser, de ne pas pouvoir profiter pleinement de cette expérience. Une fois arriver sur le territoire, je ne pensais qu’à une chose, profiter. Adieux Crohn ! C’était après tout la finalité de ce voyage : faire de ce squatteur un invité, un compagnon de vie qui nous mène la vie dure mais qui au final nous rend plus fort.

En terme de couverture santé pour les personnes atteintes de MICI en dehors de portes de la Zone Euro, vous pouvez difficilement vous prémunir en cas de crise. Prenez absoluement votre traitement avec vous, suffisement histoire de prévoir les imprévus (voyager plus longtemps, perte d’une boîte, etc).

Les assurances (toutes celles que j’ai rencontré) ne vous couvrent pas en cas de MICI. De ce fait, rien ne sert de se « sur-assurer ». La seule chose qui peut nous aider en cas de crise est de savoir quelles sont les instances a proximité pouvant nous venir en aide, mais avant tout, le seul a pouvoir vous aider est vous-même. C’est aussi en ça que vous serez plus fort et accepterez mieux cette MICI que jusqu’alors vous n’arriviez pas à appréhender.

A&G OZ : As tu emporté un traitement avec toi, dans ta valise ? Auras tu besoin de te fournir en médicaments sur place ? Si oui, comment cela va-t-il se passer ?

Tim : J’ai emporté avec moi de la cortisone et de la codéïne. Je n’ai pas encore eu le besoin de m’en procurer sur place, mais je prévois toujours une certaine somme d’argent au cas où… En effet les rdv chez les médecins, les soins, les médicaments and co. coutent une fortune en Australie.

A&G OZ : Durant ton voyage, comment gères tu ta MICI au quotidien ? Quelles sont les différence avec ton quotidien en France ?

Tim : Je gère la situation avec plus de legereté qu’en France. Je suis plus fatigué en Australie du fait des horaires de travail mais je suis 10 fois moins stressé. Par conséquent, dès lors oú je sens qu’une crise est proche de se déclencher, je me repose, je prends une journée ou deux de congé et la douleur finie par partir.

A&G OZ : Est ce que ce voyage t’as apporté quelque chose en plus dans ta vie ? Est ce que cela n’a pas était plus des contraintes que des plaisirs ?

Tim : Ce voyage m’a permis de me recentrer sur moi-même, loin de contraintes de vie à la française. Je gère mieux le stress, la fatigue et vivre au jour le jour n’est plus un problème. J’ai aussi rencontré plusieurs voyageurs malades lors de mon trip, avec des personnes ne sachant combien de temps il leur restait à vivre. Leur attitude face à la vie etait juste exceptionnelle et m’a fait prendre conscience qu’il y à toujours pire et que pleurer sur son sort n’aide en rien. Partant de ce principe, mon voyage n’est qu’une succession de plaisirs que je suis prêt à revivre sans hésiter.

A&G OZ : Que dirais tu aux jeunes atteints de MICI qui hésitent encore à partir ?

Tim : Vivez vos rêves mais ne rêvez pas votre vie. Votre MICI est une embûche sur votre route mais seul vous arriverez à faire d’elle un allié.

A&G OZ : Et plus précisément quels conseils donnerais tu aux futurs voyageurs décidé à partir, atteints de MICI similaire à la tienne ?

Tim : Un seul conseil, lancez-vous ! La decision de partir est l’étape la plus difficile, une fois prise… le reste s’en suivra naturellement. Avoir peur est normal mais ne vous arrêtez jamais de vouloir vivre vos rêves, ils sont ce que vous avez de plus précieux.

Alex et Gwen devant et derrière la caméra pour l’AFA

Une de nos action pour l’AFA a été de faire une « video-conseils », sur le thème de voyager avec sa MICI, afin de la diffuser durant l’événement annuel organisé par l’AFA, le Week-End Jeunes !

Mais alors comment se passe la création d’une vidéo ? Comment allons nous nous y prendre ? Nous avons du mettre en place, en amont, toute une préparation afin de  passer devant la camera…

Nous avions concocté un storyboard dynamique et bien ficelé afin de nous guider face à la caméra, et surtout dans le but de donner envie de partir malgré la maladie. Ça donnait un truc du genre :

– « Salut moi Gwen »
– «  Salut moi c’est Alex »
– «  Ensemble nous avons créé l’association Alex et Gwen OZ »

Avec un tas d’indications griffonnées sur les côtés, à ne plus s’y retrouver, du style : « plan américain, ou 3/4 », « paysage comme décor de fond, ou non plutôt van ! » , « se faire envoyer les médicaments », etc.

Bref, il y avait une volonté de faire quelque de bien, tout en sachant que c’était la première fois pour nous que nous faisions ça seuls et bien sûr nous n’avions pas vraiment le droit à l’erreur puisque nous avons fait ça à la dernière minute ! Mais cette fois ce n’était pas la faute de Gwen lol, mais plutôt du fait que nous bossions 7j/7j et 8h par jour sauf le dimanche où nous finissions à 12h. Et comme le soleil se couche à 17h dans le Western Australia, nous avons dû nous adapter aux conditions de notre voyage !

Autant dire que le nombre de prise de vue était limité et devait se passer vite et bien pour ensuite pouvoir enchainer sur le montage, puis, le plus compliqué de l’histoire, l’envoi par internet… mais nous reviendrons sur cela plus tard.

Après donc plusieurs prises et re-prises, fous rires, excitations et parfois coup de gueules, lol, nous avons réussi à finir notre vidéo avec l’aide nos amis Charles et Pernelle qui se prêtés au jeu pour nous lancer les boîtes de médicaments dans la scène dédiée à cela. Ce fut un moment très drôle !!

Ensuite est arrivée l’heure du montage, puis le moment crucial, l’envoi par internet. Cette période nous à donné du fil à retordre et nous aura fait suer des litres d’eau sur nos fronts car avec le réseau internet lent du Western Australia et le peu de temps que nous disposions, nous avons bien cru ne jamais réussir à envoyer le « bébé » à temps aux organisatrices Julie et Alix. Mais notre bonne étoile a fait son apparition au bout de quelques heures et le transfert à pu être effectué !

Défi relevé, et cela avec grand plaisir !! Nous avons donc simplement raconté notre histoire, ce que nous vivons, afin d’avoir un rendu naturel et coller au plus près à la réalité des personnes atteintes de MICI. Les retours ont été positifs, avec des jeunes réceptifs à la vidéo et qui ont beaucoup apprécié le geste.

Retrouvez ci-dessous notre bêtisier et nos prises ratées 😉