Entretien avec Timothy – Témoignage – MICI et Voyage


Bonjour Timothy,

Tu as 23 ans, tu es atteint d’une MICI, plus précisément d’un Crohn, diagnostiqué il y a près de 3 ans. Tu es parti depuis octobre 2014, soit 8 mois maintenant en Australie avec le Working Holiday Visa.

Les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) regroupent la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, deux maladies qui se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif (trop de globules blanc).

Alex et Gwen OZ :  Peux tu nous expliquer en quelques mots ton voyage ? Qu’est ce qui t’a donné l’envie de partir ? Que compte tu faire durant ce voyage ? Comment voyages tu, en van ou en sacs à dos, etc … ?

Timothy : L’idée est survenue lors de ma dernière année scolaire effectuée en apprentissage. J’ai toujours eu l’envie de voyager mais le diagnostic de la MICI a avancé mon projet… Histoire de profiter tant que je le peux encore (sans vouloir dramatiser la situation). Je suis il y a maintenant 8 mois avec ma valise et j’ai acheté une citadine avec des amis afin de pouvoir voyager et travailler en ferme.

A&G OZ : Il existe différente MICI. Peux tu nous parler un peu de ta MICI, en d’autres terme « qu’est ce qu’elle est », et qu’est ce que cela engendre dans ton quotidien ?

Tim : Chaque MICI agit différemment en fonction des individus. J’ai la chance que mon Crohn ne soit pas encore très développé. Depuis le diagnostic j’ai eu plusieurs crises assez invalidantes m’envoyant faire des séjours prolongés dans divers hopitaux. Les crises commencent la plupart du temps par des maux de gorge, ensuite des symptomes grippaux (fievre, nausees, sensations de chaud et froid, etc) avec gros spasmes au ventre et enfin survient la partie qu’on apprécie tous : j’ai nommé les selles glairo-sanglantes [roulements de tambours, applaudissements, foule en folie] 😉 Dans mon quotidien, Crohn engendre des maux de ventre, de la fatigue et des A/R assez fréquents aux toilettes.

A&G OZ : Peux tu nous expliquer la préparation de ton voyage ? Comment l’as tu appréhendé par rapport à ta MICI ? Quel type moyens as tu utilisé pour te couvrir en cas de « crise » ?

Tim : J’ai préparé mon voyage en 6 mois. De l’émergence de l’idée jusqu’à la concrétisation, j’ai rencontré plusieurs médecins afin de savoir s’il était risqué de partir et que faire en cas de crise.

La préparation s’est faite assez naturellement. Recherches d’informations sur le pays en question dans un premier temps. Ensuite s’est posé la question quant aux MICI. L’Australie dispose-t-elle de moyens médicaux équivalents a la France en termes de soins, de couverture santé, etc.? Une chance que ma banquière, grande voyageuse aussi atteinte d’un Crohn, fût là pour me porter quelques conseils de base (emporter de la cortisone, ne pas manger de fruits et légumes crus en cas de doute sur leurs états, boire de l’eau en bouteille bien scellée…).

Avant le départ j’appréhendais d’avoir une crise, de devoir me faire hospitaliser, de ne pas pouvoir profiter pleinement de cette expérience. Une fois arriver sur le territoire, je ne pensais qu’à une chose, profiter. Adieux Crohn ! C’était après tout la finalité de ce voyage : faire de ce squatteur un invité, un compagnon de vie qui nous mène la vie dure mais qui au final nous rend plus fort.

En terme de couverture santé pour les personnes atteintes de MICI en dehors de portes de la Zone Euro, vous pouvez difficilement vous prémunir en cas de crise. Prenez absoluement votre traitement avec vous, suffisement histoire de prévoir les imprévus (voyager plus longtemps, perte d’une boîte, etc).

Les assurances (toutes celles que j’ai rencontré) ne vous couvrent pas en cas de MICI. De ce fait, rien ne sert de se « sur-assurer ». La seule chose qui peut nous aider en cas de crise est de savoir quelles sont les instances a proximité pouvant nous venir en aide, mais avant tout, le seul a pouvoir vous aider est vous-même. C’est aussi en ça que vous serez plus fort et accepterez mieux cette MICI que jusqu’alors vous n’arriviez pas à appréhender.

A&G OZ : As tu emporté un traitement avec toi, dans ta valise ? Auras tu besoin de te fournir en médicaments sur place ? Si oui, comment cela va-t-il se passer ?

Tim : J’ai emporté avec moi de la cortisone et de la codéïne. Je n’ai pas encore eu le besoin de m’en procurer sur place, mais je prévois toujours une certaine somme d’argent au cas où… En effet les rdv chez les médecins, les soins, les médicaments and co. coutent une fortune en Australie.

A&G OZ : Durant ton voyage, comment gères tu ta MICI au quotidien ? Quelles sont les différence avec ton quotidien en France ?

Tim : Je gère la situation avec plus de legereté qu’en France. Je suis plus fatigué en Australie du fait des horaires de travail mais je suis 10 fois moins stressé. Par conséquent, dès lors oú je sens qu’une crise est proche de se déclencher, je me repose, je prends une journée ou deux de congé et la douleur finie par partir.

A&G OZ : Est ce que ce voyage t’as apporté quelque chose en plus dans ta vie ? Est ce que cela n’a pas était plus des contraintes que des plaisirs ?

Tim : Ce voyage m’a permis de me recentrer sur moi-même, loin de contraintes de vie à la française. Je gère mieux le stress, la fatigue et vivre au jour le jour n’est plus un problème. J’ai aussi rencontré plusieurs voyageurs malades lors de mon trip, avec des personnes ne sachant combien de temps il leur restait à vivre. Leur attitude face à la vie etait juste exceptionnelle et m’a fait prendre conscience qu’il y à toujours pire et que pleurer sur son sort n’aide en rien. Partant de ce principe, mon voyage n’est qu’une succession de plaisirs que je suis prêt à revivre sans hésiter.

A&G OZ : Que dirais tu aux jeunes atteints de MICI qui hésitent encore à partir ?

Tim : Vivez vos rêves mais ne rêvez pas votre vie. Votre MICI est une embûche sur votre route mais seul vous arriverez à faire d’elle un allié.

A&G OZ : Et plus précisément quels conseils donnerais tu aux futurs voyageurs décidé à partir, atteints de MICI similaire à la tienne ?

Tim : Un seul conseil, lancez-vous ! La decision de partir est l’étape la plus difficile, une fois prise… le reste s’en suivra naturellement. Avoir peur est normal mais ne vous arrêtez jamais de vouloir vivre vos rêves, ils sont ce que vous avez de plus précieux.

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